D’Anopoli Sfakion vers le sommet du Mont Pachnès : en quête de dépaysement total

Les sommets des Montagnes Blanches en Crète

Je rejoins le village d’Anopoli Sfakion après une longue journée de marche en remontant les gorges d’Aradena dans le Sud-Ouest de la Crète. Un peu de repos et du calme sont plus que bienvenus. Ce village traditionnel s’y prête très bien. Il est à des années-lumière de la frénésie des grandes villes ou zones touristiques. Aucun attrape-touristes par ici, on y trouve seulement quelques magasins, pensions et tavernes familiales. Il y a aussi de bergeries et de terrains cultivés. C’est peut être l’un des rares endroits qui a encore conservé son mode de vie traditionnel et nous permet de faire un petit voyage dans le temps.

Les larges étendues du Plateau d'Anopoli
Plateau d’Anopoli

Les gens du village sont simples. Habitués au dur travail agricol et à la vie sans prétention. D’aspect aussi dur que leur quotidien, les habitant que j’ai pu croiser se révèlent gentils et cordiaux quoique un peu réservés. Certains visages m’étonnent. J’aurais jamais imaginé de voir les yeux aussi bleus chez les personnes aussi mates de peau avec les cheveux noir. Il paraît que ce phénomène est propre de cette région-là.

Les montagnes étant tout près, Anopoli est le lieu de départ vers le 2me plus haut sommet de la Crète – mont Pachnès, le point culminant du massif des « montagnes blanches » (Lefka Ori). Le pic se trouve à 2453m au dessus de la mer et le dénivelé serait trop important pour la randonnée d’une journée. La première partie se fait donc en voiture tout terrain. Le trajet dure environ une heure et couvre un dénivelé de 1300m. Nous avons plein de temps pour discuter avec le chauffeur qui partage volontiers les dernières nouvelles du village mais aussi un peu de sa vie personnelle.

La route serpente et grimpe la montagne, offrant une vue panoramique sur la mer, le village et les oliveraies. La civilisation est resté très loin au fond de la vallée et nous nous retrouvons en face à face avec la mère nature. Enfin arrivés sur le point de départ de la randonnée, nous saluons notre chauffeur et commençons la montée. Le paysage qui s’offre à nous est monochrome avec très peu de végétation. Les montagnes aux sommets arrondis sont teintes de toutes les nuances de beige et forment une ambiance fort dépaysante. Le chemin assez facile et bien indiqué nous emmène vers les hauteurs.

Lors d’une pause près d’un puits d’eau, nous faisons connaissance de deux chasseurs d’Anopoli qui se mettent à discuter avec nous. Ils nous parlent de leur village, de leurs montées régulières en altitude. Nous apprenons que d’habitude il y a de la neige au mois de juin mais les canicules de cette année n’en ont pas laissé une moindre trace. L’un de deux Giorgos (ce prénom est tellement répandu en Grèce qu’il n’est pas étonnant que nos deux interlocuteurs se prénomment ainsi) nous raconte qu’il laisse pousser la barbe depuis un moment en signe de deuil et parle encore de sa famille. Il nous montre fièrement son fusil de chasse et nous invite à le tester. Ce serait malpoli de refuser un telle confiance et un tir retentit alors dans la vallée silencieuse.

Finie la pause, nous reprenons la route vers le sommet. Le paysage est de plus en plus aride. Personnellement, je me sens sur Mars. Après deux heures de marche et 500m de dénivelé parcouru nous sommes enfin sur « le toit du monde » avec toute la Crète (ou presque) à nos pieds. Même si ce n’est pas l’Everest, la sensation est tout de même très gratifiante ! Ici on oublie bien volontiers tous les soucis et la routine quotidienne. Et si on croit à l’existance des mondes parallèles, c’est certainement l’un d’eux !

Panorama depuis le sommet du Mont Pachnes
Panorama depuis le sommet du Mont Pachnes

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