Sur la route vers le Mont Pélion

Tout juste arrivée dans la région de Pélion, je suis confortablement installée dans un fauteuil, j’observe la nature environnante et reprends mon cahier pour écrire ces lignes. Mon balcon offre une vue plongeante sur la mer Egée, je profite des derniers rayons de soleil et de ces couleurs chaudes qui rendent le panorama particulièrement  doux et paisible. J’avoue que parmi toutes les lumières qu’offre une journée d’été, je préfère celle de fin d’après-midi, juste avant le coucher  de soleil, quand tous les contrastes s’atténuent et le paysage fait rappel à une vieille photo en couleur légèrement jaunie par le temps. Quelle belle récompense après une journée de voyage. Je peux enfin me détendre et savourer chaque instant de cette nouvelle expérience.

Il faut dire que la journée a été assez longue. Arrivés très tôt à l’aéroport d’Athènes, nous avons directement pris la route vers le Mont Pélion. Quelques pauses gourmandes,  de la bonne vieille musique traditionnelle et l’excellente compagnie – voilà la recette magique pour rendre plus qu’agréable ce voyage de plusieurs heures sous le soleil plombant. Dès le début d’après-midi, néanmoins, la chaleur devient accablante. Même la voiture est en surchauffe et finit par imposer une pause technique. En ouvrant la porte, je reçois une vague d’air chaud dans le visage et je me dis « bénie soit la technologie moderne et l’air climatisée ». Nous nous remettons en route et après quelques centaines de kilomètres d’autoroute ornée de lauriers en fleurs et offrant de temps à autre une magnifique vue sur la mer, nous finissons par prendre de la hauteur. Les montagnes s’approchent.

La vue panoramique depuis le Balcon de Pelion
Balcon de Pelion

Nous traversons d’abord la ville de Volos, moderne et une des plus industrialisées de Grèce, mais dont le nom nous renvoie à la mythologie grecque, car elle est considérée comme la ville natale et le port de départ de  Jason et des Argonautes pour un long périple en quête de la Toison d’Or à bord du navire appelé Argo.  Il est difficile à évaluer à quel point cette légende est encrée dans la mémoire commune des locaux, mais il est certain qu’ils essayent de tirer profit de sa notoriété. Il n’est donc pas rare de croiser un parking, une taverne ou un hôtel portant les noms des protagonistes.

Peu après la ville, la route commence à monter et à un moment donné se transforme en une série des virages. Plus on grimpe, plus l’air devient respirable, la vue spectaculaire et la végétation abondante.

Le village de Makrinitsa dans les montagnes de Pélion
Le village de Makrinitsa

Nous faisons une pause à Makrinitsa (Μακρινίτσα), joli petit village accroché à un versant de la montagne. Une occasion parfaite pour s’asseoir sur la place principale à l’ombre d’un gigantesque platane et siroter un café frappé, sacré pour la plupart des Grecs. Cette petite place est un excellent point d’observation. D’ici, on peut contempler la ville de Volos, la vallée inondée de lumière, la mer ornée de montagnes… Ce n’est pas pour rien que Makrinitsa est également appelé « le balcon de Pélion ».  En regardant le village, j’ai l’impression qu’il est construit à la verticale, tellement la pente est prononcée.  Je ne peux pas m’empêcher de penser aux gens qui l’ont bâti. La construction de leur habitat est un véritable exploit technique, mais le résultat en vaut la peine.

Malgré la beauté des lieux, nous ne tardons pas à répartir. Une dernière ligne droite nous attend. « Dernière ligne droite » au sens figuratif bien sûr ; les virages sont impitoyables à l’égard de mon pauvre appareil vestibulaire et le dénivelé provoque la sensation d’oreilles bouchées. Arrivés tout en haut, j’aperçois avec stupéfaction les constructions ressemblantes à des remontées mécaniques et apprends l’existence du domaine skiable du Mont Pélion. Il est difficile d’imaginer que malgré les températures estivales bien élevées, il peut y avoir de la neige et j’espère sincèrement que ce domaine ne mettra pas la clé à la porte à cause du réchauffement climatique, au moins dans un futur proche.

La vue sur le mer Egée depuis la peninsule de Pelion
La mer Egée

Commence alors la descente vers la côte de la mer Egée. La route serpente le versant Est de la montagne recouverte d’une belle forêt et on se retrouve parfois dans des tunnels  formés par les arbres dont je n’aurais soupçonné l’existence ici. Décidément, ce pays n’arrête pas de me surprendre. Encore quelques minutes et nous atteignons finalement notre destination. Le petit village de Mouressi (Μούρεσι) à quelques centaines de mètres au-dessus de la mer est une promesse d’une excellente vue et des nuits fraîches.

Me voilà donc dans mon fauteuil sur le balcon. Cela fait seulement quelques heures que je suis partie de chez-moi, mais j’ai déjà une sensation que tout est très loin et il n’existe que ce petit coin de la planète, calme et doux.

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